novembre 18th, 2017 de nvoi

Vous hésitez à faire construire, et vous vous demandez si une maison RT 2012 permet vraiment d’économiser de l’argent en chauffage ? La réponse est oui, et nous allons chiffrer précisément combien.

Comment estimer

Pour estimer les économies de chauffage, et d’énergie en général, grâce à une maison à la norme RT2012 (obligatoire pour les maisons neuves depuis le 1er janvier 2013), vous aurez besoin des informations suivantes :

  • La superficie « SHON » de votre maison (pour ceux qui ont un garage simple, de l’ordre de 1,18x la surface habitable)
  • La classe énergétique de votre logement (A à F), ainsi que son DPE exact en kWh/m2
  • Votre habitude de chauffage en température : 19, 20, 21 degrés etc.; la norme est basée sur 19 degrés.

Les chiffres sont uniquement des ordres de grandeur, et ne sont pas exacts. Un article explique comment transformer des kwh de DPE en dépenses en kWh annuels.

En résumé, la consommation annuelle en kwh (pour le CHAUFFAGE et l’eau chaude uniquement) sera de l’ordre de :
0,46 x mètres carrés habitables x DPE

pour du chauffage électrique

 

Les économies du BBC

Forts de cette estimation, nous pouvons établir les économies annuelles, en nous basant sur un kwh d’électricité à 0,13 euros. Bien entendu, cette estimation est valable pour ceux qui se chauffent à l’électrique. Le gaz, est aussi répandu dans les maisons BBC et RT 2012, surtout chez des constructeurs low cost, car cela permet de gagner les « points » de validation de la norme, à moindre coût, et moindre efficacité énergétique.

Soit : dépenses annuelles en euros = 0,06 x m2 habitables x DPE

Nous allons maintenant établir les dépenses pour une maison de 100 m2 habitables

 

Classe A – Électrique

Avec un DPE moyen de 50 (la norme BBC et RT 2012 impose un maximum de 50, avec un coefficient multiplicateur qui dépend de l’altitude, donc le maximum varie entre 40 et 75 selon les régions), on obtient un coût de chauffage/eau chaude de 300 euros par an.

Classe A correspond à BBC ou RT 2012, dans les faits, car aucune maison construite avant 2005 n’obtient cette classe énergétique. Ces « anciennes » maisons sont au mieux classées B

 

Classe C – Électrique

Ici la maison va être une maison typique du début des années 2000 ou fin des années 1990. Mieux isolée que ses devancières des années 1970 et 1980, elle reste énergivore. La facture monte vite, car le DPE sera de l’ordre de 140.

En appliquant la même formule, on obtient une dépense de chauffage qui monte à 840 euros par an. C’est plus du triple de la maison BBC ou RT 2012; c’est aussi plus de 8 000 euros jetés par les fenêtres en 15 ans : cela justifie au minimum que toute maison BBC ou RT 2012 soit vendue 8 000 euros plus chère que son homologue de classe C ; sans compter le confort de ne plus sentir d’humidité et d’être bien dans sa maison. Dans la pratique, ce confort permet de baisser le chauffage dès qu’il y a du soleil. Et il implique une surcote de la maison BBC ou RT 2012 de 15 000 euros par rapport à son homologue de classe C.

 

Classe D – Fioul

Pour le fioul, la formule en euros est de l’ordre de : 0,10 x m² habitables x DPE

En effet, les calcus sont rendus complexes car il faut tenir compte du prix du fioul, de son pouvoir calorifique, et du fait que les DPE appliquent un facteur 2,58 à l’électricité.

Mais avec cette formule, le calcul est simple. Une maison ou appartement de classe D(valeur du diagnostic à 200), chauffé au fioul, aura en moyenne une consommation de 2 000 euros pour chauffage et eau chaude.

 

Classe F – Fioul

La classe F n’est pas la plus énergivore (c’est la G, mais elle est tout de même rare). Un logement dans cette classe a obtenu un diagnostic aux alentours des 400. Cela DOUBLE la consommation par rapport à la classe D.

Ce qui représente, pour un chauffage au fioul, du 4 000 euros par an. Pour le coup, là c’est plus qu’un gouffre : 55 000 euros volatilisés sur 15 ans, par rapport à la classe A

Tenez bien compte de la classe énergétique pour évaluer le coût réel, énergie comprise, de votre logement ! D’autant que les prix de l’énergie ont tendance à augmenter plus vite que l’inflation.

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mur en pierre
novembre 6th, 2015 de nvoi

Construire sa maison requiert des heures de préparations, de plans, mais aussi de choisir un matériau pour les murs de ce logement.

Les matériaux antiques étaient la paille, le bois et la brique. Désormais, la technologie nous a créé des matériaux plus avancés qui conjuguent prix, qualités et isolation.

Les critères de choix de matériau

Pour bien choisir, vous devez connaître les propriétés de chaque matériau:

  • réaction face à l’air : isolation = empêcher la chaleur de « sortir » (utile en hiver)
  • réaction face à la chaleur : temps de retard face à un pic (utile en été)
  • résistance à l’eau
  • Tenue dans le temps

Conjugués à leurs prix, leur esthétique, et la facilité à trouver des artisans qualifiés, ces propriétés vont vous permettre de faire le bon choix, selon le type de logement souhaité : une personne au budget réduit ne fera pas les mêmes choix qu’un défenseur de l’environnement.

Le bois

Le bois, très prisé en Amérique du Nord et en Scandinavie, a été oublié en France, mais son usage remonte lentement car on redécouvre ses qualités. 5% des maisons neuves l’ont choisi.

  • Isolation : bonne – R=2 ; idéalement complétée de l’isolant laine minérale
  • Chaleur: pas d’inertie, pas de ponts thermiques, pas d’effet de paroi froide
  • Eau : hygrométrique : absorbe et restitue l’humidité
  • Tenue : bonne résistance, y compris au feu et tremblements de terre. Mais attention, dans certaines régions, il faut traiter contre les termites

En outre, les maisons modernes ont une ossature préfabriquée en usine, et sont donc très rapides à monter sur les chantiers, cela peut faire gagner plusieurs semaines de temps de construction

Prix : environ 5% moins cher que le parpaing, car on gagne sur les fondations et la superficie. Par contre, la plupart des constructeurs de maison bois ont des prix délirants car ils utilisent des techniques très coûteuses.

Le Parpaing

Le parpaing est le matériau par excellence en France depuis quelques décennies, connu aussi sous le nom de bloc béton ou agglo. Il contient graviers, argile, sable et eau, des matières qui rendent possible une production locale.
  • Isolation : mauvaise – R=0,2 ; à compléter par de la laine minérale.
  • Chaleur: inertie correcte, mais mauvaise l’été (temps de transfert de chaleur de seulement 4h). Pareillement, il faut ajouter de la laine de bois pour faire passer l’inertie à 12h.
  • Eau : mauvaise diffusion
  • Tenue : bonne résistance, y compris au feu et aux tremblements de terre, et au gel

Bon isolant phonique.

En soi c’est le matériau le moins cher, mais les nouvelles normes ont contraint à ajouter beaucoup d’isolant, le rendant un peu plus cher que le bois

Le béton cellulaire

Commercialisé sous différents marques comme Siporex ou Thermopierre ou Hebel, le béton cellulaire est en quelque sorte un intermédiaire entre parpaing et brique.
Il est composé de sable, de ciment, de chaux et d’eau, et de poudre d’aluminium. Ce dernier ingrédient permet de créer une sorte de mousse et de bulles d’air emprisonnées
  • Isolation : bonne : R=3
  • Chaleur: bon : retient la chaleur en hiver et en été.. (encore plus que le parpaing, donc il faut faire attention à la chaleur d’été)
  • Eau : hydrophile 🙁 il faut donc étancher les murs soigneusement. Ceci fait, il freine bien la vapeur d’eau
  • Tenue : résiste entièrement à tout, animaux, humidité, feu.. aussi bon que la pierre
Son avantage est d’être léger et facile à poser : il faut cependant une colle spéciale pour éviter les ponts thermiques.
Au final, même si son prix de pose est 3x+ élevé que le parpaing traditionnel (on parle de 100 euros du m2 contre 30), le prix de revient est à peine 10% plus élevé que le parpaing, car on économise sur l’isolant. Pour plus de détails : www.xella.fr

La brique (alvéolaire)

La brique est utilisé depuis bien avant Jésus-Christ. Elle est fabriqué à partir de l’argile. Nous décrivons ici sa variante moderne, alvéolaire.
  • Isolation : bonne (R entre 0,6 et 1)
  • Chaleur: très bon : régulateur thermique. Inertie thermique élevée
  • Eau : très bon
  • Tenue : résiste à tout, animaux, humidité, feu.. aussi bon que la pierre

Ses défauts sont le temps nécessaire à la construction et la technicité du personnel (le constructeur doit être spécialisé).

La brique reste légèrement plus chère que le parpaing, mais le surcoût est de plus en plus limité, on arrive à un ordre de grandeur de 3000 euros seulement (après avoir inclus les gains sur l’isolation) par rapport au parpaing, pour une maison standard de 100m2

 

La brique monomur

La brique monomur est un peu la rolls des briques, plus isolante, elle est constituée de petites alvéoles. On l’appelle monomur car elle permettait (avant la RT 2012) de faire un mur avec une seule couche de brique, sans isolant supplémentaire. Marques : biomur, porotherm, …

  • Isolation : excellente (environ R = 2)
  • Chaleur: très bon : emmagasine le jour et restitue la nuit (temps de transfert de 15h à 18h !). Inertie thermique moyenne (similaire au parpaing)
  • Eau : très bon
  • Tenue : longue, résiste au feu et à l’humidité

 

La pose est de difficulté similaire à la brique classique, mais elle diffère, car elle utilise des joints minces, il faut donc là aussi du personnel qualifié.

Le prix est souvent le double ou le triple du parpaing. Cela représente un surcoût de l’ordre de 70 euros par m2 de surface de maison (bien sur ce chiffre ne veut rien dire puisque le surcoût dépend en fait de la surface de mur, et donc de la forme de la maison. Il s’agit d’un ordre de grandeur).

 

La pierre

La pierre est un matériau noble, ancien, beaucoup moins utilisé de nos jours à cause de sa complexité de mise en œuvre, et de son prix élevé, de l’ordre de +50% peut-être.

  • Isolation : faible, environ R=0,3 malgré une bonne épaisseur
  • Chaleur: retarde beaucoup, c’est bien connu qu’une maison en pierre reste froide en été
  • Eau : très bon
  • Tenue : longue, résiste au feu et à l’humidité

 

D’autres matériaux

Il existe de nombreux autres matériaux utilisés en construction, dérivés de ces matériaux principaux.

Par exemples les Briques de Terre Compressée (BTC). A cause de leur poids, il n’est pas possible de construire une maison entièrement en BTC.

Ou encore les briques silico-calcaires, peu connues en France, et qui isolent aussi mal que le parpaing, mais qui ont l’avantage d’avoir une bonne inertie thermique

Ou le béton de chanvre, ou la terre. Chacun avec une conductivité thermique différente

Pour faire un choix, il convient de vous renseigner sur les matériaux les plus adaptés à la région dans laquelle vous allez faire construire votre maison, de même que sur toutes les qualités et défauts des différents matériaux. Votre constructeur de maison, spécialiste, devrait pouvoir vous conseiller au mieux, en respectant vos exigences esthétiques de même que les critères de qualité nécessaires pour un logement neuf.

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